les Incroyables Comestibles de l’association USHARE

 

En marge de la grande fête de la Nature, depuis plusieurs semaines la ville de Poissy soutient les Incroyables Comestibles de l'association USHARE (phase expérimentale) au quartier St Saint-Exupéry, opération menée par une association d'habitants présidée par Philippe Bechet.

L'idée est simple : faire de la ville un grand potager…

 

Philippe Bechet devant l'une des deux première parcelle.

 

On les appelle des jardins partagés, collectifs ou communautaires. Outre le jardinage, ces espaces favorisent les échanges entre voisins par le biais d’activités sociales, culturelles ou éducatives.

 

Coeur de Poissy à rencontrer Philippe Bechet, pour nous développer son projet et nous parler des jardins collectifs qui fleurissent à travers la France depuis une dizaine d’années.

 

Bonjour Philippe Bechet, pouvez-vous nous présenter en tant que co-président l'association uSHARE ?

uShare (prononcez you share, tu partages en français) est  très jeune puisque les statuts ont été déposés en février de cette année et nous ne sommes que 3 membres. 

La vocation de l'association est de mettre en place des projets qui ont pour tache de fond la défense de l'environnement, l'éducation et la richesse que peut produire le partage et/ou la collaboration entre les citoyens.

Par exemple, notre premier projet, implanté depuis peu dans le quartier Saint Exupéry, est connu sous le nom des "Incroyables Comestibles". Il s'agit d'un mouvement qui s'étend dans le monde entier et qui suggère d'utiliser l'espace urbain disponible pour produire de la nourriture. Cette nourriture est ensuite à partager. Elle n'est donc pas forcément consommée par les personnes qui l'auront produite mais qu'importe. Un potager urbain c'est surtout un prétexte pour faire des rencontres et discuter avec les gens de passages, ce qui devient un luxe dans une société devenue un peu trop individualiste. 

Il ne s'agit là que d'un premier projet et nous en avons bien d'autres en réserve.

Le spectre du possible dans une logique de partage est extrêmement large et presque illimité. La liste de nos projets en attente est disponible sur le site www.ushare.fr (Site en construction).

Précisons que le terme 'projet', qui revient souvent, est à la base de notre philosophie. Chez uShare, nous ne faisons pas de militantisme ou de catastrophisme pour défendre nos convictions. 

Notre stratégie est de montrer par des actions concrètes qu'un autre mode de vie est possible pour susciter l'envie chez nos concitoyens de l'adopter.

 

D'où viennent vos idées de projets ?

Internet, lectures et documentaires. 

Il y a une véritable explosion des projets collaboratifs dans le monde et notamment en France. Les idées ne manquent pas et nous n'en avons inventé aucune. 

En revanche, nous procédons par sélection. Nous regardons ceux qui ont du succès, un fort potentiel et que nous pensons transposables sur Poissy.

Comme ces projets existent ailleurs, il est d'autant plus facile d'avoir des retours et bénéficier de l'expérience acquise durant leurs mises en œuvre par nos prédécesseurs.

 

Je veux rejoindre votre association, comment faire ?

Les personnes qui souhaitent nous rejoindre peuvent prendre contact avec nous par mail à l'adresse: contact@ushare.fr. Je précise que nous privilégions le qualitatif plutôt que le quantitatif.

 

Qu'est ce que vous entendez par là ?

Ce que nous cherchons à créer à travers cette association c'est une équipe solide et organisée. Chaque membre doit pouvoir occuper une fonction et des responsabilités qui nécessitent  compétences et implication. Les qualités que nous recherchons chez nos futurs adhérents sont l'autonomie, la fiabilité, l'audace, l'ouverture d'esprit, la constance dans l'action et une solide conviction que le monde peut changer mais que la parole ne suffit par et qu'il faut surtout se retrousser les manches. Notre mode de fonctionnement est calqué sur celui des entreprises et tout comme elles, nous avons des postes à pourvoir pour lesquels nous avons rédigés des fiches descriptives. Nous ne cherchons pas à avoir le plus grand nombre d'adhérents possible, mais les plus impliqués. Parmi les postes à pourvoir :  chefs de projets, un responsable logistique, responsable financement et responsable partenariat pour ne citer qu'eux.

 

Parlons finance justement, quelles sont les ressources de l'association ?

Fonds propre des 3 fondateurs pour le moment, mais nous avons commencé à travailler sur le sujet en réfléchissant sur des sources l'auto-financement possible plutôt que l'appel à des subventions.

Ceci dit, nous défendons l'idée que le partage et la collaboration sont sources de richesses donc nous ne devrions pas avoir de besoins importants. C'est une question de crédibilité et de cohérence.

 

 "La terre est la meilleure des banques : vous y déposez une graine et elle la fait fructifier gratuitement"

 

Revenons aux Incroyables Comestibles, pourriez vous nous en dire plus ?

L'idée est née à Todmorden, une ville anglaise de 14000 habitants située au nord de Manchester. Très industrialisée dans le passé, la ville tombait en décrépitude avec la fermeture des industries.

C'est alors que deux femmes, Pamela Warhust et Mary Clear, ont cherchées une idée pour redynamiser la ville et remonter le moral des habitants. Ayant peu de moyen, elles ont eu l'idée d'utiliser les espaces cultivables non utilisés de la ville pour y produire de la nourriture. 

C'était en 2006. 9 ans plus tard, Todmorden est en auto-suffisance alimentaire à hauteur de 83%, le moral des citoyens a remonté et l'incivisme voire la délinquance ont reculés. 

L'expérience c'est répandue dans le monde entier. En France, on recense plus de 700 villes qui ont adoptés le mouvement. Le fer de lance est Albi, qui cible l'autosuffisance alimentaire pour 2020 et la coordination internationale est très proche de nous puisqu'elle se situe à Cergy.

Concernant Poissy les espaces cultivables de la ville ne nous permettraient pas d'atteindre un tel niveau d'autosuffisance mais il y a de quoi faire de belles choses. J'habite le quartier de Saint Exupéry et l'espace créé avec la construction de l'école Nelson Mandela et l'espace Claude Vanpoulle offre un potentiel énorme. Avec un peu d'organisation, l'école Nelson Mandela pourrait très bien accueillir un potager suffisant pour satisfaire les besoins de l'école en légumes.  Les hauts de Poissy ne sont pas en reste non plus. Malgré la présence des immeubles, Beauregard offre des espaces cultivables importants.

La grande difficulté de ce projet n'est pas tant le manque d'espace mais le manque de compétences et de sensibilité des habitants pour la culture potagère. Les citadins ont perdu le savoir faire nécessaire à l'entretien d'un potager. Il y a 200 ans Paris produisait ses propres légumes et les maraîchers étaient capables de fournir des melons mûres dès le mois d'avril. C'est en prenant conscience de cela qu'un projet comme celui ci prend toute son importance. Il nous rappelle, ou nous apprend, que la terre que nous foulons chaque jours possède un potentiel énorme mais totalement inexploité.

A coté de cela et en marge de l'aspect économique ou alimentaire, c'est aussi un fabuleux vecteur de cohésion sociale. A chaque fois que nous intervenons sur nos deux petits carrés de potager nous faisons des rencontres. Qu'ils soient perplexes ou curieux, les passants s'arrêtent et commencent à discuter avec nous. Ces échanges n'auraient jamais eu lieu sans cela.

Plus étonnant encore, les habitants  protègent voire s'approprient nos carrés. Nous avons mis une petite affiche dans l'un deux qui tombe parfois. Je le vois le matin en partant travailler mais je n'ai pas le temps de m'arrêter pour la remettre. En revenant le soir je constate qu'elle est remise en place sans qu'aucun de nous ne soit intervenu. Il y a quelques jours, j'ai même constaté qu'un anonyme avait planté spontanément des pieds de tomates. 

Mais si vous voulez voir quelque chose de vraiment spectaculaire, prenez un groupe d'enfants un peu turbulents, de la terre, des pots et une collection de graines. Vous verrez ce qui va se passer…

 

Qui sont les jardiniers ?

Aminata, responsable qualité, sécurité et environnement dans une école d'ingénieur à Cergy, Amine est animateur social actuel en poste à Saint Germain et moi même, ingénieur informaticien.

J'ai rencontré Amine au mois de décembre après avoir été mit en contacte par de groupe de Cergy. Aminata nous a rejoint il y a quelque semaine car elle vient d'arriver sur Poissy et cherchait à s'impliquer localement. Elle nous a trouvé via internet.

 

 

Amine, Aminata.

 

Comment prendre part à un jardin existant ?

Nous ne sommes pas une association de Jardins partagés et il n'y a pas de "jardin existant". Nous n'avons pas de jardin en attente, les nouvelles implantations sont à créer.
C'est la première fois que l'on voit des potagers sur la voie publique à Poissy et il fallait débuter avec des ambitions modestes.

Seulement deux carrés de potager au niveau du 39 de la rue saint Exupéry son exploités à titre expérimental.

Deux raisons à cela : d'abord il faut convaincre la municipalité pour qu'elle nous laisse agir et ensuite pour voir si les installations ne vont pas subir trop de dommages ou de vols. Pour l'instant tout ce passe très bien.

Pour les habitants qui voudraient s'associer à notre démarche, il n'est pas obligatoire d'adhérer à l'association. En revanche, nous dispensons la formation nécessaire et l'accompagnent pour son installation. Ensuite c'est à la personne de s'occuper elle même de son petit bout de jardin.

Par la suite et tout au long de l'année nous proposons des animations pour réunir les "urbainculteurs" comme ont les appelle au Québec. C'est essentiel car le jardinage n'est pas une discipline qui se pratique seul. Il est nécessaire d'échanger des conseils, des graines et des astuces.

Nous servons également d'interface avec la municipalité car bien évidement une autorisation est nécessaire avant d'envisager une nouvelle implantation. Les personnes intéressées peuvent nous contacté via le site dédié: www.incroyables-comestibles-poissy.org.

 

Vous avez évoquez la municipalité. Comment à t-elle accueillie votre projet ?

A ma grande surprise, très très bien. Avant d'aller voir les services concernés nous avons constitué un dossier présentant le projet. Après deux réunion avec le service environnement et l'élu au cadre de vie et à l’environnement Gilles Djeyaramane, la machine est allée très vite. Le nécessaire a été fait rapidement pour légaliser notre première implantation grâce au maire de la ville karl Olive. Je dois dire que le service environnement a été particulièrement efficace.

De toute façon, s'agissant du domaine publique, un tel projet ne peut se concrétiser sans l'aval de la mairie.

 

 


Amine, Aminata et Gilles Djeyaramane.

 

Comment voyez vous l'avenir ?

Concernant les Incroyables Comestibles tout dépend du nombre de personne qui se présenterons à nous. Mais si tout ce passe bien, nous espérons pouvoir agrandir un peu notre zone d'implantation l'année prochaine. L'objectif pour 2015 est d'abord de se faire connaître.
 

Merci  Philippe Bechet, Cœur de Poissy vous remercie pour cette entretien et vous soutient dans vos divers actions. Nous ne manquerons pas de suivre votre projet et de tenir au courant de l'évolution à nos adhérents de Cœur de Poissy.

 

Voilà, l'idée est simple comme souvent mais la mettre en œuvre et la faire perdurer en changeant les mentalités est un énorme travail. Pour cette raison nous souhaitons à ces bénévoles plein de bonne volonté, de belle et bonne culture, et qui puissent aller au bout de leur projet en développant d'autres parcelles.

 

A cœur de soutenir de bonnes idées.

 

 

 

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